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PHOTO : Harry Foster
Le 10 janvier 2007
Le rapport sur les poissons morts du ministère des Richesses naturelles (MRN) et du ministère de l’Environnement (ME) de l’Ontario offre des détails importants sur le phénomène des poissons morts, qui a eu lieu en août 2006. Ce rapport propose un résumé de l’événement ainsi que de l’enquête, notamment de l’information sur les rapports de pathologie, sur les évaluations de la qualité de l’eau et quelques données pertinentes sur les conditions climatiques.
Règle générale, le rapport conclut que la mort des poissons est le résultat d’une infection des barbues de rivière à la bactérie columnaris. Le columnaris est une maladie des poissons causée par la bactérie Flavobacterium columnare, une bactérie habituellement présente dans l’environnement. Nous sommes d’accord pour dire que cette bactérie a causé la mort de ces poissons. Toutefois, l’éclosion de cette bactérie tend à être provoquée par un certain nombre de facteurs. Dans le cas qui nous occupe, la mortalité s’est limitée à de jeunes specimens de barbues de rivière (bien qu’aucune donnée ne semble appuyer cette observation du MNR). Certains aspects de l’historique de vie de ces poissons ont contribué à l’éclosion. Néanmoins, la mort de ces poissons est symptomatique de plus graves problèmes dans le bassin versant de la rivière des Outaouais et d’autres cours d’eau, lesquels sont la cause ultime de la mortalité des poissons.
Les températures chaudes de l’eau de la rivière des Outaouais à l’été 2006 combinées à d’autres conditions environnementales, telles que l’eutrophisation (enrichissement en matières nutritives) et la turbidité, pourraient avoir prédisposé la barbue de rivière à une infection au columnaris. Malheureusement, le rapport du gouvernement minimise l’importance de la pollution ponctuelle ou de toute autre source d’enrichissement et de sédimentation qui auraient pu être un facteur de stress pour le poisson. Le rapport déclare sans détour que “le déversement d’eaux d’égout brutes n’a pas causé directement la mort des poissons”, sans toutefois fonder cette affirmation sur des preuves ou des données. Des tests ont été effectués pour révéler la présence de bactéries ou de virus, mais aucun pour déceler une éventuelle contamination par polluant.
L’expression “santé de l’écosystème aquatique” est employée plutôt librement dans le rapport. Après avoir fait l’échantillonnage d’une variété d’espèces indicatrices, les auteurs concluent que “l’écosystème aquatique de la rivière semble sain et aucun effet négatif n’est décelé sur ces espèces”. Cet énoncé n’est appuyé sur aucun inventaire systématique faisant état de mesures de contrôle adéquates ou de points de référence longitudinaux (p. ex. quels échantillons ont été prélevés, combien l’ont été et à quel endroit ont-ils été prélevés?).
Lorsqu’il fait état des précautions prises pour préserver la santé publique au cours de l’événement, le rapport conclut “qu’aucune preuve de l’impact sur la santé humaine n’a été trouvée”. Bien que Sentinelle Outaouais ne possède pas une preuve directe de cela, nous avons parlé à trois personnes qui ont dit avoir été malades après s’être baignées dans la rivière dans la semaine du 7 août. On nous a également dit que plusieurs chiens vivant près de la rivière avaient été malades au même moment. Nous ne saurons jamais si ces cas étaient liés à la qualité de l’eau au moment de la mort des poissons.
Les données sur la qualité de l’eau qui ont été recueillies aux fins d’analyse sont extrêmement décevantes. Selon les auteurs, l’événement a commencé à la suite des grandes chaleurs du 1er août et de la grande tempête du 2 août. Dès le 8 août, Sentinelle Outaouais et le MNR recevaient de nombreux appels à propos des poissons morts. Le ministère de l’Environnement a attendu jusqu’au 14 août pour prendre ses premiers échantillons d’eau dans la rivière – une grande rivière au débit élevé. Comme de raison, ces petits échantillons ont été très peu utiles pour résoudre le mystère des conditions de la rivière qui auraient pu contribuer à la mort des poissons. Il aurait été préférable de comparer la température de l’eau et la quantité de solides en suspension d’août 2006 aux autres étés. L’été 2006 n’a pas été particulièrement chaud. L’été 2005 a été beaucoup plus chaud, et le niveau de l’eau était beaucoup plus bas. De plus, au cours des étés précédents – notamment dans les années 1960 – il y avait probablement plus de nutriments dans la rivière étant donné que les eaux d’égout brutes étaient continuellement déversées dans la rivière et que les usines de pâtes et papiers n’étaient pas soumises à une réglementation comme elles le sont aujourd’hui.
Bien que les conclusions du rapport ne soient pas tout à fait concluantes compte tenu du manque de données, il est clair que le MNR et le ME ont pris la situation au sérieux. Le sommaire de l’enquête met en relief les ressources limitées et les données sur la qualité de l’eau avec lesquelles ces agents doivent travailler. Il est difficile de prouver la cause directe de la mort de ces poissons. L’infection au columnaris est fort probablement la cause de leur mort, mais il serait plus prudent d’affirmer qu’il s’agit de la cause indirecte. Il est dommage que le rapport n’indique pas la cause véritable du problème et qu’il ne puisse en conséquent pas prévoir la répétition de ce phénomène.
Sentinelle Outaouais aurait aimé voir des recommandations pour l’avenir. Par exemple, quelles mesures doivent être prises pour éviter la mort plus fréquente et plus élargie de poissons? Les changements climatiques combinés à l’utilisation de l’eau à des fins industrielles pourraient à la longue hausser la température de l’eau de nos rivières. Les Laboratoires nucléaires de Chalk River et les usines de pâtes déversent leurs eaux usées dans la rivière même si elles sont à des températures élevées. Les réservoirs des barrage font en sorte que la température à la surface de l’eau s’élève à un degré supérieur à celui que l’on retrouve dans la rivière en général. Nous devons commencer à contrôler les températures de l’eau de plus près étant donné que les poissons et les autres espèces aquatiques sont influencés par la température, et plus encore lorsque ces hausses sont combinées à d’autres facteurs de stress, comme la turbidité et l’enrichissement en éléments nutritifs.
En tant qu’humains, nous avons une incidence sur l’état de la rivière. Nous devons le plus tôt possible déployer des efforts pour amenuiser les répercussions de notre mode de vie sur le bassin versant de la rivière des Outaouais afin de réduire au minimum la mort éventuelle de poissons. D’autres agents pathogènes plus graves que le columnaris (comme le virus de l’achigan à grande bouche) pourraient causer la mort d’autres espèces si les conditions environnementales ne sont pas bien surveillées et équilibrées.
Le 21 décembre 2007
Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et le ministère de l’Environnement viennent tout juste de publier un rapport sur la mort massive de poissons qui a eu lieu dans la rivière des Outaouais en août 2006.
Téléchargez le rapport [rapport sur les poissons morts en anglais seulement – fichier pdf : 1,66 Mo].
Si, après lecture du rapport, vous avez des questions ou des préoccupations, n’hésitez pas à communiquer avec la sentinelle.

PHOTO : Harry Foster
Un article du Ottawa Citizen en date du 22 août 2006 indique que les scientifiques ont conclu que c’est la bactérie Columnaris qui a tué des milliers de poissons de la rivière des Outaouais. J’aimerais rappeler à tous et à toutes que cette bactérie se retrouve habituellement dans l’eau et n’attaque que les populations de poissons qui subissent des pressions. Nous n’avons toutefois pas encore déterminé l’événement ou les événements qui ont causé cette pression. Parmi les agents menaçants, notons les niveaux d’oxygène dissous, une température de l’eau trop élevée ou la présence d’ammoniac ou toxines.
Sentinelle Outaouais assure un suivi auprès du ministère de l’Environnement de l’Ontario en examinant les données sur la qualité de l’eau et sur les déversements. Le suivi effectué auprès de l’usine de pâtes de Portage-du-Fort n’a révélé aucun déversement au cours du mois d’août.
J’encourage toute personne détenant de l’information sur la mort des barbottes à communiquer avec moi.
Plusieurs personnes m’ont demandé si la qualité de l’eau était satisfaisante pour la baignade. Le comté de Renfrew et la circonscription sanitaire de district ont levé leur avis de baignade interdite. Ils ont surveillé la qualité de l’eau à leur plage et en ont déduit que les niveaux d’e-coli ne porteraient pas atteinte aux baigneurs. Prenez connaissance de leur communiqué de presse.
En ce qui a trait aux plages des villes d’Ottawa et de Gatineau, veuillez consulter les plus récentes données de surveillance pour savoir si la baignade est permise à la plage près de chez-vous. J’ai entendu dire que certaines personnes ont été malades après s’être baignées dans la rivière, alors assurez-vous toujours de connaître les niveaux d’e-coli avant de vous baigner, et ce même si la plage semble ouverte.
Aujourd’hui, des tests ont révélé que deux autres poissons avaient la maladie bactérienne appellée Columnaris. Aujourd’hui, le MRN a prélevé des échantillons vivants (barbottes) dans la rivière, qui seront analysés au laboratoire.
Bien que tout laisse croire que le poisson a une infection, nous ne savons toujours pas quel agent stressant l’a affecté. Vous trouverez ci-dessous les réflexions de la sentinelle à ce sujet…
Le ministère des Richesses naturelles à Pembroke a confirmé que des tests effectués en laboratoire sur une barbotte retrouvée morte ont révélé qu’elle avait une maladie bactérienne appellée Columnaris. Le poisson testé contenait de grandes concentrations de Flexibacter columnaris. Cette bactérie se retrouve dans tous les cours d’eau naturels et n’atteint pas les poissons en santé. Toutefois, lorsque les poissons subissent des pressions, ils sont plus vulnérables à ce type de maladie. Parmi les agents stressants courants, notons une qualité de l’eau non favorable, par exemple en raison d’un niveau trop élevé d’ammoniac, de températures trop hautes ou de la présence de toxines. Le Columnaris peut s’introduire dans le poisson par les ouïes, la bouche ou de petites blessures à la surface de la peau. Cette maladie est très contagieuse et peut se répandre parmi les populations d’organismes vivants à proximité.
REMARQUE : Il ne s’agit là que de résultats préliminaires fondés sur un spécimen seulement. Le MRN fera un échantillonnage d’organismes vivants dès aujourd’hui.
PRÉCAUTIONS : Les riverains qui trouveraient des poissons morts doivent les manipuler avec précaution. Idéalement, ils devraient les enterrer ou les jeter aux ordures en prenant soin de porter des gants.
REMARQUE DE LA SENTINELLE : Hier, j’ai parcouru la rivière en compagnie d’un biologiste du MRN, d’Arnprior au barrage des Chats. Les poissons morts que nous avons trouvés étaient principalement des barbottes qui semblaient être mortes depuis plusieurs jours. Dans les eaux peu profondes, plus particulièrement à l’embouchure de la rivière Mississippi, j’ai remarqué une bonne quantité d’algues, ce qui révèle la présence de nutriments.
C’est vraiment bien que des biologistes des pêches du MRN étudient ce problème. Ces hommes et ces femmes connaissent très bien la rivière et sa population de poissons et travaillent fort à la protection de la santé écologique de la rivière.
QUELQUES RÉFLEXIONS DE LA SENTINELLE : Je crois que cette mortalité découle d’une combinaison de facteurs. À la fin juillet et au début d’août, nous avons connu de grandes chaleurs et les températures des eaux peu profondes ont monté en flèche. En raison des pluies que nous avons eues au cours de la semaine, les sols furent saturés d’eau. Le 2 août en soirée, une grande tempête s’est abattue sur la vallée et nous avons eu d’intenses précipitations (de grandes quantités de pluie sont tombées en un court laps de temps). Cela a eu comme conséquence de nombreux déversements d’eau d’égout dans la rivière de même que le ruissellement d’eaux pluviales. Comme le sol était déjà assez saturé (gorgé d’eau), toute cette pluie est passée des champs, des routes, etc. à la rivière, introduisant par le fait même une grande quantité de nutriments. La décomposition de ces nutriments requiert beaucoup d’oxygène, et il se peut que le niveau d’oxygène ait déjà diminué en raison des températures élevées. Ajoutez à ce casse-tête la vidange d’un barrage, qui a eu lieu le 6 août, qui a probablement eu une incidence sur le niveau d’oxygène présent dans la rivière. La MORALE de cette HISTOIRE : Nos gestes ont des répercussions directes sur la vie aquatique de la rivière. Bien que certains facteurs soient difficilement contrôlables (comme les précipitations), d’autres le sont. Par exemple, nous pouvons maîtriser l’introduction de nutriments dans la rivière en aménageant des usines de traitement des eaux usées capables de traiter de grands volumes d’eau de pluie, en conservant des bandes de végétation riveraines qui permettent de réduire l’introduction de nutriments dans la rivière pendant les précipitations, en employant moins de fertilisants et de pesticides qui sont rejetés dans la rivière au fil du temps, en entretenant nos installations septiques et en les pompant tous les deux ans. Chaque petit geste compte.
Photo : Pat Tait
Poissons morts trouvés à la baie Lavergne
Depuis le 8 août 2006, Sentinelle Outaouais reçoit des courriels et des appels de citoyens préoccupés par les poissons morts qu’ils trouvent le long de leurs berges, du barrage Cheneaux à la baie Constance. Ce sont principalement des barbottes, mais on a également trouvé des achigans, des brochets, des tortues et quelques oiseaux. On nous a signalé la présence de poissons morts à la dizaine, le compte s’élèvant maintenant à une centaine aperçus en quelques jours. Certains riverains qui vivent sur les berges de la rivière depuis plus de trente ans nous ont dit qu’ils n’avaient jamais rien vu de tel.
À l’heure actuelle, le ministère des Richesses naturelles (MRN) et le ministère de l’Environnement (ME) mènent une enquête conjointe. Ils ont apporté des échantillons de poissons à un laboratoire de la University of Guelph aux fins d’analyse. Ils espèrent que le labo pourra confirmer la cause de cette mortalité, que ce soit en raison de produits chimiques, d’une bactérie, d’un virus ou de causes naturelles. Le 13 août 2006, le MRN parcourait toujours la rivière pour recueillir de plus amples échantillons d’eau et de poissons. Le ministère de l’Environnement du Québec soutient que cette mortalité est de cause naturelle et n’a pas entrepris d’enquête.
Dès que Sentinelle Outaouais connaîtra la cause de cette mortalité, nous la publierons sur cette page.
Comme la cause de la mortalité est encore inconnue, veuillez prendre les précautions qui s’imposent dans les zones touchées. Ne buvez pas l’eau directement de la rivière et évitez de vous y baigner jusqu’à nouvel ordre. La MVCA recommande également aux riverains de nettoyer leurs plages et d’enterrer les poissons morts ou de les mettre aux ordures.
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont communiqué avec nous pour nous fournir de l’information à ce sujet. Votre aide nous a été très utile.